Publication originale le 25 Février 2005

Chaque année le sujet - piquant - revient. On pourrait croire son apparition réglée comme du papier à musique, chacun y va de son couplet, et pourtant le débat ne s’élève presque jamais. La question est simple : faut-il rendre obligatoire la vaccination du personnel soignant ? Ce qui normalement devrait relever d’une conscience professionnelle a-t-il besoin d’une loi pour être appliqué ? En effet, le coeur de métier des professions médicales et paramédicales - métier de coeur, s’il en est - est de soigner le patient, pas de lui transmettre d’autres infections quand ses défenses immunitaires sont diminuées. Combien de personnes contractent-elles chaque année la grippe après avoir été en contact avec des professionnels de santé, porteurs sains du virus ou fréquenté des salles d’attente surchauffées et pleines à craquer ? Loin de l’idée de jeter l’opprobre sur l’hygiène médicale, cette interrogation portée par le débat se veut plus une piste de réflexion pour éviter les infections nosocomiales, c’est-à-dire contractées dans le cadre des soins. Pourquoi certains professionnels ne se vaccinent-ils pas alors ? Auraient-ils peur d’une piqûre ? Douteraient-ils de l’efficacité du vaccin ? Peut-être est-ce tout simplement parce qu’il n’est pas pratique de s’auto vacciner : imaginez un médecin la tête à l’envers en train de se trouer l’épaule ! Peut-être pourraient-ils aller se déshabiller chez un confrère - ou une consoeur -, après tout il n’ont rien à cacher et cela leur éviterait une partie de cache-cache avec le virus, qui lui n’aurait plus qu’à aller se rhabiller ! Ce billet d’humeur n’est pas pour piquer au vif les acteurs de santé concernés. Un rappel - de piqûre -, le service de médecine du travail du centre hospitalier général de xxxxxxxxx propose tous les ans aux 1200 membres de son personnel de se faire vacciner gratuitement, entre autres, contre la grippe. Or cette année, seulement 84 personnes ont recouru à cette campagne, les autres l’ayant peut-être fait à titre privé.

Billet d’humeur paru le 24/02/05 dans le Dauphiné Libéré