Publication originale le 23 Juillet 2005

La rumeur de rachat du premier groupe agroalimentaire grand public de France a refait son apparition. Cela a donné l’occasion à la classe politique de se lever dans un élan de déclarations de principe, exercice qu’elle affectionne tout particulièrement.

En effet, nos dirigeants (de droite ? le sont-ils encore ou cherchent-ils à conquérir l’électorat de gauche modérée ?) se sont insurgés contre le rachat possible de Danone par Pepsico. Il condamnent ce rachat (comme ils sont tout aussi prompts à condamner les attentats, fussent-ils de Londres ou de Charm el-Cheikh) au nom de l’indépendance des entreprises françaises (surtout quand ce rachat vient des Etats Unis). Ce qui est amusant dans l’affaire, c’est que ce sont les mêmes qui se félicitent lors du rachat d’une entreprise étrangère par une firme française. Parfois c’est même l’Etat qui le fait lui même. Il y a quelques années, France Telecom appartenait encore majoritairement au secteur public, c’est ainsi que Michel Bon à la tête de l’entreprise de télécommunications s’était lancé dans le rachat d’Orange à coup de milliards d’Euro d’argent public.

D’abord, qu’est-ce qu’une entreprise/firme française ? Est-ce que cela à encore un sens (autre que fiscal/comptable) d’attribuer une nationalité à une entreprise ? A l’heure de la mondialisation, de l’internationalisation plutôt devrait-on dire, de l’intégration mondiale dit-on aussi, les entreprises sont amenées à développer leur ventes vers l’international, à offrir leur services/compétences partout autour du globe.

Ainsi la classe politique (c’est classe d’appeler cette bande de requin comme ceci), préconise de déployer tout l’arsenal possible pour empécher toute OPA hostile sur l’entreprise de Franck Riboud (patron du groupe Danone). Cela veut donc dire, on établit des règles du jeu, et quand bien même l’adersaire viendrait à gagner, on modifie alors les règles. Cela fait quand même un peu “mauvais perdant” !

N. Sarkozy affirme qu’il est opposé à une “nationalisation rampante” de Danone, mais en revanche il est favorable à une prise de participation (conséquente ?) de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) dans cette même entreprise. Chez moi, le fait par une banque publique ou assimilée d’acheter des parts d’une entreprise privée est une nationalisation (et même pas rampante en prime !).

La droite est-elle encore libérale ? M. Madelin, revenez !!!