Philippe D.

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samedi, février 28 2009

Quand il y a trop de frais, on a froid !

Publication originale le 17 Novembre 2004

Un titre bizarre certes pour une humeur sérieuse.

En effet, l’UFC-Que Choisir monte au créneau en partant en guerre contre la surtarification bancaire. Le frais prélevés par les banques sur les comptes constituent la rémunération des banques, l’UFC n’est pas contre ces frais, elle est contre leur montant abusif et ne reposant pas sur une juste concurrence entre les banques, mais sur une entente non-dite ou en tout cas non révellée s’il s’avèrait qu’il y en ait une.

Ainsi, ces derniers temps certaines banques se sont mis à facturer les retraits hors réseau. Cette mesure est justifiée par le fait qu’un retrait hors réseau, économiquement parlant s’apparente à une fuite de la ressource du bilan de la banque dans laquelle vous êtes client vers la banque dans laquelle vous retirez. Et cette fuite se compense généralement par un emprunt de votre banque auprès de l’autre sur le marché interbancaire. Ce à quoi l’UFC rétorque que le coût de cet emprunt est marginal face aux frais facturés par votre banque pour ce retrait. Je ne me prononcerai pas sur ce point, manquant de chiffres pour arguer dans l’un ou l’autre des sens.

Ce qui est également dans le collimateur de l’UFC c’est l’instauration de frais (pour le client prélevé - le préleveur payait déjà) non seulement sur la mise en place de prélèvements automatiques mais également à chaque échéance. Et ce bien que les systèmes informatiques soient interconnectés entre eux et donc occasionnent moins de frais pour la banque, qu’une saisie manuelle (ce qui était le cas auparavant).

Il ne faut pas perdre de point de vue, que les salaires, et autre revenus, sont versés majoritairement sur des comptes bancaires (que ce soit par virement ou dépôt de chèque). Les personnes à faibles revenus, voulant, et c’est logique, pouvoir profiter au maximum de leurs gains, se retrouvent grévés de frais pour la moindre opération et cela tend à les géner.

Les banques s’étaient engagés envers le Ministre de l’Economie et des Finances à réduire l’étendue de leurs frais, ou tout du moins à en limiter la propagation. L’UFC note que ces promesses ne sont que peu tenues. En conséquence de quoi, elle les avait prévenu d’une action en justice si rien ne bougeait. C’est aujourd’hui chose faite.

De plus, et afin d’impliquer une large part de la population française à cette volonté d’action, l’UFC invite tous les français à deux actions collectives et symboliques:

  • Envoyer chacun à l’UFC un chèque de 1 centime d’euro qui sera encaissé en signe de protestation,
  • S’échanger dans le cercle familial et amical des chèques d’un montant de 1 euro et les remettre à l’encaissement.

jeudi, février 26 2009

Publié dans Marianne

Publication originale le 14 Aout 2005

Mon billet d’humeur à propos de Danone et de la classe politique a été publié dans le Marianne n°433 du 6 au 12 août 2005 (P.41).

Je leur avais envoyé car l’ayant fait lire à mes proches, il m’avait été dit que je devrais l’envoyer à la presse. Ce fut donc chose faite, et j’ai eu l’agréable surprise de le voir publié dans le “Journal des lecteurs” de l’hebdomadaire Marianne. Défi d’autant plus intéressant que mon article se demandait où était donc partie la droite se disant libérale et que je l’avais envoyé à un magazine plutôt orienté à gauche…

Mais parler de droite et de gauche en France a-t-il encore un sens ? Pourquoi s’ancrer dans un clivage qui n’a plus guère de sens si ce n’est pour le communisme ou l’ultra-libéralisme ?

Pour célébrer l’évènement je crée (quel ennuyeur ce verbe ! On sait jamais combien mettre d’accents et de "e". Au début de cette parenthèse je voulais mettre "enquiquineur", mais cela aurait fait deux "qui" et déjà que l’on me les reproche, alors là deux… mon quota exploserait !) une catégorie "Politique".

Edit au 21/12/2005 :
Je viens de trouver la page d'archive sur le site de Marianne où est publié ma contribution.

Edit :
La page à changé de place : page sur le site de Marianne.

lundi, février 23 2009

Les 2 France

Deux France ? Et sans "s" final à France ?

L'actualité tourne autour de la crise pour tous. Tous les habitants de tous les continents (enfin en gros pour schématiser et être sûr de n'exclure personne) en ressentent certains effets, et ce de manière fort disparate selon les cas. Mais la "crise économique" que nous traversons reste le dénominateur commun. Un dénominateur qui peut être conjoncturel (ce que l'on appelle "crise" au sens courant), mais également structurel (et donc sur une échelle temporelle plus longue).

Pour autant, en ces temps où chacun compte ses billes, où chacun essaye de voir comment à titre individuel s'en sortir ; à l'heure où seule une solidarité indéfectible est nécessaire pour enrayer la spirale de la récession ; il est plus que jamais nécessaire que le pays ne se disloque pas économiquement.

Il est nécessaire de prendre en compte les spécificités des différentes régions françaises, afin d'adapter les mesures qui doivent être prises et ainsi renforcer leur efficacité. Il serait par contre intolérable de sacrifier certaines régions. Tous, nous sommes des français. Plus on tentera de se "renfermer" et d'entretenir une autarcie, plus la situation économique tant des îles que de la métropole se dégradera potentiellement.

Il est plus que jamais nécessaire de définir pour le moyen et le long terme un circuit économique cohérent et envisager ses relations avec les voisins et de ne pas céder aux pressions exercées dans les rues. Les "mesurettes" qui en découleraient seraient de tellement court-terme, qu'elle dégraderaient l'économie plus qu'elle ne l'aideraient, et le tout sous un voile de fumée scintillante.

Une crise, une dépression, nécessitent des traitements longs et éprouvants. Des traitements de fond et de forme en même temps. Mais il est néanmoins nécessaire que le fond atteigne la structure, afin de la construire solidement, sinon la fortifier. Rendre la structure de nos économies résistante, afin que la conjoncture ait moins de prise dessus, est notre défi. Pour autant, une structure "figée" dans le temps ne servirait à rien. Une structure doit être durable, mais ne pas se cantonner dans un immobilisme futur.

dimanche, février 22 2009

Le prix de l’incompétence - Christine Kerdellant

Publication originale le 14 Aout 2005

Ce livre est celui qui de toute mon histoire de lecteur aura été le plus difficile à trouver. En effet, lors de sa sortie en l’an 2000 j’étais intéressé par son achat, mais ayant d’autres livres sur ma pile d’attente, j’avais différé la sortie de ma carte bancaire. Depuis, je scrutais une possible réédition du livre épuisé tous les mois sur les sites des libraires en ligne. Je l’ai également cherché sur les sites des libraires d’occasion. Nulle part il n’était trouvable. Enfin au bout de plus de 4 ans de recherches acharnées je l’ai trouvé en occasion.

Tout au long de ses 480 pages il m’a donné satisfaction. En effet, il fourmille d’exemples d’échec de manager, et pour autant il n’en tourne pas au bêtisier mais analyse les causes de l’échec afin que les managers puissent apprendre de ces erreurs et ainsi éviter de les reproduire. Les exemples que j’ai trouvés les plus instructifs sont ceux du Crédit Lyonnais (Erreurs multiples), du Club Med (Endormissement sur ses lauriers), la banque Barings (Manque de contrôle de l’activité), Maxi-Livres (Sortie de son coeur de métier) et SNCF (Pour son système Socrate).

Christine Kerdellant, l’auteur a un temps dirigé la revue Newbiz sur le business des nouvelles technologies/nouvelle économie avant que ce magazine ne vienne à disparaître avec la chute de la nouvelle économie.

ISBN : 2207248429

samedi, février 21 2009

Pourquoi veulent-ils tous se lever pour Danone ?

Publication originale le 23 Juillet 2005

La rumeur de rachat du premier groupe agroalimentaire grand public de France a refait son apparition. Cela a donné l’occasion à la classe politique de se lever dans un élan de déclarations de principe, exercice qu’elle affectionne tout particulièrement.

En effet, nos dirigeants (de droite ? le sont-ils encore ou cherchent-ils à conquérir l’électorat de gauche modérée ?) se sont insurgés contre le rachat possible de Danone par Pepsico. Il condamnent ce rachat (comme ils sont tout aussi prompts à condamner les attentats, fussent-ils de Londres ou de Charm el-Cheikh) au nom de l’indépendance des entreprises françaises (surtout quand ce rachat vient des Etats Unis). Ce qui est amusant dans l’affaire, c’est que ce sont les mêmes qui se félicitent lors du rachat d’une entreprise étrangère par une firme française. Parfois c’est même l’Etat qui le fait lui même. Il y a quelques années, France Telecom appartenait encore majoritairement au secteur public, c’est ainsi que Michel Bon à la tête de l’entreprise de télécommunications s’était lancé dans le rachat d’Orange à coup de milliards d’Euro d’argent public.

D’abord, qu’est-ce qu’une entreprise/firme française ? Est-ce que cela à encore un sens (autre que fiscal/comptable) d’attribuer une nationalité à une entreprise ? A l’heure de la mondialisation, de l’internationalisation plutôt devrait-on dire, de l’intégration mondiale dit-on aussi, les entreprises sont amenées à développer leur ventes vers l’international, à offrir leur services/compétences partout autour du globe.

Ainsi la classe politique (c’est classe d’appeler cette bande de requin comme ceci), préconise de déployer tout l’arsenal possible pour empécher toute OPA hostile sur l’entreprise de Franck Riboud (patron du groupe Danone). Cela veut donc dire, on établit des règles du jeu, et quand bien même l’adersaire viendrait à gagner, on modifie alors les règles. Cela fait quand même un peu “mauvais perdant” !

N. Sarkozy affirme qu’il est opposé à une “nationalisation rampante” de Danone, mais en revanche il est favorable à une prise de participation (conséquente ?) de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) dans cette même entreprise. Chez moi, le fait par une banque publique ou assimilée d’acheter des parts d’une entreprise privée est une nationalisation (et même pas rampante en prime !).

La droite est-elle encore libérale ? M. Madelin, revenez !!!

mercredi, février 18 2009

Tookassé.com - Dominique Marie Dugasse, Sebastien Petit et Olivier Grenet

Publication originale le 18 Février 2005

Ce livre a la spécificité de se trouver en librairie et en même temps en téléchargement gratuit et légal sur son site. Cela résulte d’une volonté des auteurs acceptée par l’éditeur. C’est encore un phénomène rare, car jusqu’a présent peu s’y étaient essayés (on peut mentionner Laurent Chemla pour son livre Confessions d’un voleur, et le collectif Wu Ming).

3 ans après le tourbillon de folie qui a soufflé sur “la nouvelle économie", ce livre (d’époque !) nous rappelle que beaucoup de ces sites n’étaient que du vent ! Après les levées de capitaux dans le seul but de faire de la pub pour des sites en “machinchOOse.com” (qui soit dit en passant, est encore libre à l’heure où j’écris), est venu le temps des concepts idiots pour certains ou peu solides (euphémisme !) pour d’autres.

Ce livre se plaît à tirer à boulets rouges humoristiques là où cela faisait mal. Les trois auteurs utilisent un langage simple et courant, leur écriture alerte renforce l’effet de raillerie amicale qui s’en dégage. Entre pamphlet et roman, je ne doute point qu’il saura trouver son public sans sombrer dans les méandres littéraires.

http://www.tookasse.com/

ISBN : 2753300054

jeudi, février 12 2009

Des octuplés et alors ?

La presse s'émeut ces derniers temps du cas de Mlle N. Suleman, ayant eu le 26 Janvier 2009 des octuplés. Je tiens tout d'abord à dire que ce choix (ou non-choix diront certains) lui appartient, à elle, ainsi qu'a ceux qui l'entourent ou désirent l'aider. Choix car il s'agit d'une implantation volontaire d'embryons.

Dans le Figaro du 9 Février 2009, sous la plume d'Armelle Vincent, on peut lire, je cite :

"En ces temps de crise économique, alors que plus d'un million d'emplois ont été perdus au cours des deux derniers mois, l'idée qu'une femme puisse décider d'avoir tant d'enfants sans même savoir comment elle assurera leur subsistance paraît insensée."

Je fais le postulat que la journaliste se fait ici le porte parole de la pensée environnante, de l'opinion populaire.

Mais pour ma part, je vois en cet "évènement" plusieurs aspects positifs, principalement d'ordre économiques.

Tout d'abord, les enfants créent volontairement ou incidemment selon les domaines une forte demande économique. Tout d'abord durant leur plus jeune âge, ils nécessitent des soins constants. J'entends par soins, leur bien être quotidien, tant au niveau de l'alimentation que de l'hygiène, sans oublier tout le reste. Par la suite, au cours de leur croissance, ils seront amenés à consommer, ou faire consommer divers produits et à recevoir des prestations de service. Toute cette demande ainsi créée est l'un des moteurs de l'économie. Car la demande soutient la production, et est créatrice d'emplois. Tout emploi supplémentaire permettant d'augmenter le revenu moyen disponible et d'augmenter à son tour la consommation. Cette simplification des mécanismes économiques montre l'effet vertueux, le "cercle vertueux".

De plus, il est fort probable que la crise économique que nous traversons actuellement, aussi "grave" soit-elle, ne durera pas "18 ans". Donc, il est assez hasardeux de crier à l'inconscience de faire des enfants en temps de crise. Et ce d'autant plus que j'en reviens au point précédent. En effet, la crise est due à une spirale "vicieuse" où chaque chute de la demande provoque du chômage, créant à son tour une chute de la demande. Donc ces enfants qui viennent de naître ne sont pas "inconscients", ni leur mère (tout du moins sous cet aspect là des choses, pour le reste, je me garderai(s) bien d'émettre un avis), mais participent à enrayer autant que faire se peut la spirale de la récession. Ainsi si ces enfants sont nés en temps de crise, il est d'autant plus probable qu'ils auront à connaitre des jours meilleurs en grandissant, tout du moins sur le plan économique.

Il convient de faire ici la différence entre le ralentissement économique et la récession. Le ralentissement économique est le constat d'une croissance ralentie (positive mais proche de 0) de la production (mesurée par le "PIB"). Alors que la récession indique une "croissance" négative (donc une baisse de la production comparée à la période précédente).

Après cette brève parenthèse de définitions économiques, je serais bien curieux de connaître le lien entre cette naissance d'octuplés et les pertes d'emplois subies par les Etats-Unis au cours des deux derniers mois. Ce raccourci me semble un peu abrupt, pour ne pas dire qu'il incarne une manière de délayer l'article et de conforter la population dans son ressenti de crise. Cette crise toute puissante qui s'auto-alimente en incitant les gens à l'immobilisme.

Alors que faire ? Ne plus faire d'enfants et risquer de casser encore un peu plus le cycle économique et conforter la récession dans la durée ?

Je voudrais attirer votre attention sur le caractère volontairement polémique de cette note. Elle ne se veut pas plus une approbation de cette naissance ou un encouragement à battre ce record, qu'elle ne s'en veut une critique. Les seuls buts de cette note étaient une "critique" de la pensée ambiante en ces temps de crise et l'association pus que douteuse des deux sujets ("crise" et "octuplés") en un même article. Mais pour autant je n'accuse pas la journaliste pas plus que je ne l'accable.