La presse s'émeut ces derniers temps du cas de Mlle N. Suleman, ayant eu le 26 Janvier 2009 des octuplés. Je tiens tout d'abord à dire que ce choix (ou non-choix diront certains) lui appartient, à elle, ainsi qu'a ceux qui l'entourent ou désirent l'aider. Choix car il s'agit d'une implantation volontaire d'embryons.
Dans le Figaro du 9 Février 2009, sous la plume d'Armelle Vincent, on peut lire, je cite :
"En ces temps de crise économique, alors que plus d'un million d'emplois ont été perdus au cours des deux derniers mois, l'idée qu'une femme puisse décider d'avoir tant d'enfants sans même savoir comment elle assurera leur subsistance paraît insensée."
Je fais le postulat que la journaliste se fait ici le porte parole de la pensée environnante, de l'opinion populaire.
Mais pour ma part, je vois en cet "évènement" plusieurs aspects positifs, principalement d'ordre économiques.
Tout d'abord, les enfants créent volontairement ou incidemment selon les domaines une forte demande économique. Tout d'abord durant leur plus jeune âge, ils nécessitent des soins constants. J'entends par soins, leur bien être quotidien, tant au niveau de l'alimentation que de l'hygiène, sans oublier tout le reste. Par la suite, au cours de leur croissance, ils seront amenés à consommer, ou faire consommer divers produits et à recevoir des prestations de service. Toute cette demande ainsi créée est l'un des moteurs de l'économie. Car la demande soutient la production, et est créatrice d'emplois. Tout emploi supplémentaire permettant d'augmenter le revenu moyen disponible et d'augmenter à son tour la consommation. Cette simplification des mécanismes économiques montre l'effet vertueux, le "cercle vertueux".
De plus, il est fort probable que la crise économique que nous traversons actuellement, aussi "grave" soit-elle, ne durera pas "18 ans". Donc, il est assez hasardeux de crier à l'inconscience de faire des enfants en temps de crise. Et ce d'autant plus que j'en reviens au point précédent. En effet, la crise est due à une spirale "vicieuse" où chaque chute de la demande provoque du chômage, créant à son tour une chute de la demande. Donc ces enfants qui viennent de naître ne sont pas "inconscients", ni leur mère (tout du moins sous cet aspect là des choses, pour le reste, je me garderai(s) bien d'émettre un avis), mais participent à enrayer autant que faire se peut la spirale de la récession. Ainsi si ces enfants sont nés en temps de crise, il est d'autant plus probable qu'ils auront à connaitre des jours meilleurs en grandissant, tout du moins sur le plan économique.
Il convient de faire ici la différence entre le ralentissement économique et la récession. Le ralentissement économique est le constat d'une croissance ralentie (positive mais proche de 0) de la production (mesurée par le "PIB"). Alors que la récession indique une "croissance" négative (donc une baisse de la production comparée à la période précédente).
Après cette brève parenthèse de définitions économiques, je serais bien curieux de connaître le lien entre cette naissance d'octuplés et les pertes d'emplois subies par les Etats-Unis au cours des deux derniers mois. Ce raccourci me semble un peu abrupt, pour ne pas dire qu'il incarne une manière de délayer l'article et de conforter la population dans son ressenti de crise. Cette crise toute puissante qui s'auto-alimente en incitant les gens à l'immobilisme.
Alors que faire ? Ne plus faire d'enfants et risquer de casser encore un peu plus le cycle économique et conforter la récession dans la durée ?
Je voudrais attirer votre attention sur le caractère volontairement polémique de cette note. Elle ne se veut pas plus une approbation de cette naissance ou un encouragement à battre ce record, qu'elle ne s'en veut une critique. Les seuls buts de cette note étaient une "critique" de la pensée ambiante en ces temps de crise et l'association pus que douteuse des deux sujets ("crise" et "octuplés") en un même article. Mais pour autant je n'accuse pas la journaliste pas plus que je ne l'accable.
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