Philippe D.

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi, février 27 2009

Confessions d’un baby boomer - Thierry Ardisson et Philippe Kieffer

Publication originale le 23 Octobre 2005

Je pense que beaucoup de personnes attendaient que Thierry Ardisson le fasse et il l’a fait. En effet T. A. vient de publier son livre à tiers chemin entre autobiographie, mémoires et recueil de philosophie de vie.

Au fil de pages, il égrène l’histoire qui l’a amené là où il en est aujourd’hui. Les pages sont agrementées d’extraits de coupure de presse, ou même d’extraits des précédents livres/articles de l’homme en noir.

Après des “aveux” peu glorieux sur une consommation de produits stupéfiants, il raconte comment il a remonté la pente. Malgré ses chutes médiatiques, ses sorties du petit écran, il revient toujours, que ce soit par la porte ou par la lucarne.

Il en arrive à considérer Tout le Monde en Parle comme un aboutissement des ses idées, réunies en une même émission. Mais l’est-ce vraiment ?

Les commentaires de Philippe Kieffer au quasi-monologue d’Ardisson sont parfois bien senties.

Et à ceux qui se demandent pourquoi utiliser un journaliste pour raconter sa vie, je leur répondrai que l’on ne peut que rarement mener une introspection aussi profonde sans un miroir, et sans qu’un étranger ne pose des questions, ou insiste pour “sortir” ce que l’on a pas envie de dire. On pourrai presque assimiler l’écriture de ce bouquin à une thérapie pour T.A. Mais que dis-je, Ardisson m’a devancé et se régale même de ne pas payer pour “se guérir” mais au contraire être payé. Sans rancune.

ISBN : 208068583X

dimanche, février 22 2009

Le prix de l’incompétence - Christine Kerdellant

Publication originale le 14 Aout 2005

Ce livre est celui qui de toute mon histoire de lecteur aura été le plus difficile à trouver. En effet, lors de sa sortie en l’an 2000 j’étais intéressé par son achat, mais ayant d’autres livres sur ma pile d’attente, j’avais différé la sortie de ma carte bancaire. Depuis, je scrutais une possible réédition du livre épuisé tous les mois sur les sites des libraires en ligne. Je l’ai également cherché sur les sites des libraires d’occasion. Nulle part il n’était trouvable. Enfin au bout de plus de 4 ans de recherches acharnées je l’ai trouvé en occasion.

Tout au long de ses 480 pages il m’a donné satisfaction. En effet, il fourmille d’exemples d’échec de manager, et pour autant il n’en tourne pas au bêtisier mais analyse les causes de l’échec afin que les managers puissent apprendre de ces erreurs et ainsi éviter de les reproduire. Les exemples que j’ai trouvés les plus instructifs sont ceux du Crédit Lyonnais (Erreurs multiples), du Club Med (Endormissement sur ses lauriers), la banque Barings (Manque de contrôle de l’activité), Maxi-Livres (Sortie de son coeur de métier) et SNCF (Pour son système Socrate).

Christine Kerdellant, l’auteur a un temps dirigé la revue Newbiz sur le business des nouvelles technologies/nouvelle économie avant que ce magazine ne vienne à disparaître avec la chute de la nouvelle économie.

ISBN : 2207248429

jeudi, février 12 2009

Des octuplés et alors ?

La presse s'émeut ces derniers temps du cas de Mlle N. Suleman, ayant eu le 26 Janvier 2009 des octuplés. Je tiens tout d'abord à dire que ce choix (ou non-choix diront certains) lui appartient, à elle, ainsi qu'a ceux qui l'entourent ou désirent l'aider. Choix car il s'agit d'une implantation volontaire d'embryons.

Dans le Figaro du 9 Février 2009, sous la plume d'Armelle Vincent, on peut lire, je cite :

"En ces temps de crise économique, alors que plus d'un million d'emplois ont été perdus au cours des deux derniers mois, l'idée qu'une femme puisse décider d'avoir tant d'enfants sans même savoir comment elle assurera leur subsistance paraît insensée."

Je fais le postulat que la journaliste se fait ici le porte parole de la pensée environnante, de l'opinion populaire.

Mais pour ma part, je vois en cet "évènement" plusieurs aspects positifs, principalement d'ordre économiques.

Tout d'abord, les enfants créent volontairement ou incidemment selon les domaines une forte demande économique. Tout d'abord durant leur plus jeune âge, ils nécessitent des soins constants. J'entends par soins, leur bien être quotidien, tant au niveau de l'alimentation que de l'hygiène, sans oublier tout le reste. Par la suite, au cours de leur croissance, ils seront amenés à consommer, ou faire consommer divers produits et à recevoir des prestations de service. Toute cette demande ainsi créée est l'un des moteurs de l'économie. Car la demande soutient la production, et est créatrice d'emplois. Tout emploi supplémentaire permettant d'augmenter le revenu moyen disponible et d'augmenter à son tour la consommation. Cette simplification des mécanismes économiques montre l'effet vertueux, le "cercle vertueux".

De plus, il est fort probable que la crise économique que nous traversons actuellement, aussi "grave" soit-elle, ne durera pas "18 ans". Donc, il est assez hasardeux de crier à l'inconscience de faire des enfants en temps de crise. Et ce d'autant plus que j'en reviens au point précédent. En effet, la crise est due à une spirale "vicieuse" où chaque chute de la demande provoque du chômage, créant à son tour une chute de la demande. Donc ces enfants qui viennent de naître ne sont pas "inconscients", ni leur mère (tout du moins sous cet aspect là des choses, pour le reste, je me garderai(s) bien d'émettre un avis), mais participent à enrayer autant que faire se peut la spirale de la récession. Ainsi si ces enfants sont nés en temps de crise, il est d'autant plus probable qu'ils auront à connaitre des jours meilleurs en grandissant, tout du moins sur le plan économique.

Il convient de faire ici la différence entre le ralentissement économique et la récession. Le ralentissement économique est le constat d'une croissance ralentie (positive mais proche de 0) de la production (mesurée par le "PIB"). Alors que la récession indique une "croissance" négative (donc une baisse de la production comparée à la période précédente).

Après cette brève parenthèse de définitions économiques, je serais bien curieux de connaître le lien entre cette naissance d'octuplés et les pertes d'emplois subies par les Etats-Unis au cours des deux derniers mois. Ce raccourci me semble un peu abrupt, pour ne pas dire qu'il incarne une manière de délayer l'article et de conforter la population dans son ressenti de crise. Cette crise toute puissante qui s'auto-alimente en incitant les gens à l'immobilisme.

Alors que faire ? Ne plus faire d'enfants et risquer de casser encore un peu plus le cycle économique et conforter la récession dans la durée ?

Je voudrais attirer votre attention sur le caractère volontairement polémique de cette note. Elle ne se veut pas plus une approbation de cette naissance ou un encouragement à battre ce record, qu'elle ne s'en veut une critique. Les seuls buts de cette note étaient une "critique" de la pensée ambiante en ces temps de crise et l'association pus que douteuse des deux sujets ("crise" et "octuplés") en un même article. Mais pour autant je n'accuse pas la journaliste pas plus que je ne l'accable.